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Les gratte-papier - En français dans le texte

  • annelauwersblum
  • 17 sept. 2021
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : 2 déc. 2021


Début novembre, une missive de l'administration belge tomba dans ma boîte aux lettres.

Surprise, un rien inquiète, ma curiosité naturelle s'émoustilla. L'homme dont je partage la vie depuis quarante-cinq ans proposa promptement d'ouvrir l'enveloppe (mes mains étaient occupées, j'épluchais des oignons).

Il s'agissait d'un recommandé NPO (le mystérieux NPO était surligné en vert fluo par un.e des employé.e.s de la Direction du Recouvrement administratif et de la Coordination des receveurs...). Quelle émotion,

la lettre m'était adressée personnellement, à savoir madame Anne Marie Berthe Ida. De toute ma vie, personne, ne m'a jamais appelée comme ça. Voir aligné sur une missive des plus importantes, quatre prénoms dont je ne me sers jamais (presque tout le monde ici m'appelle Anna, et ça me va), avait quelque chose de surréaliste. Venant du pays du surréalisme, il n'y avait là toutefois encore rien d'excessif.

L'objet de la missive frappait l'oeil, parce que mis en gras et italique:

Redevance télévision - Notification d'une sommation de payer interruptive de prescription. Je dirais même plus, (pour paraphraser les célèbres inspecteurs Dupond et Dupont des bandes dessinées de Tintin): la sommation d'interrompre le payement de la prescription, est de bonne augure!

La suite de la lettre hésitait sur le genre, étais-je un homme ou une femme? Autant mettre les deux, pour ne vexer personne.

"Madame/Monsieur Anne Marie Berthe Ida" disait la lettre, Vous restez redevable, envers l'Administration fiscale de la Région Wallonne de 125 euros + 6 euros pour cet envoi...

Le versement de cette somme doit être immédiatement et obligatoirement effectué sur le compte untel...

Nous prîmes le temps de nous approprier les données factuelles, reprises dans des colonnes serrées. J'avoue sans honte que ma moitié s'en occupa pour l'essentiel. Comme dit, j'épluchais de vrais oignons dans la vraie vie. Pendant ce temps, il pouvait bien éplucher mes oignons virtuels.

Il était question d'une redevance télé recouvrant des années où nous n'étions plus en Belgique depuis belle lurette, pour quelqu'un habitant une adresse inconnue de nous, mais portant étrangement le même nom que moi.

La sommation que madame Anne Marie Berthe Ida a reçue vise à interrompre la prescription des taxes y reprises. Je le redis sans détour: interrompre la sommation de payer des taxes indues, paraît la seule chose raisonnable à exécuter!

La date d’enrôlement se trouve dans la colonne « Date visa exécutoire » de la sommation. La sommation recommandée fait revivre la taxe pour 5 ans. Vous allez finir par me vexer: exécutez pour de bon la sommation, tordez lui le cou une bonne fois pour toutes, et surtout ne prêtez pas crédit à une hypothétique résurrection!

Je vois dans le dossier que madame Anne Marie Berthe Ida, a une activité en personne physique sous le numéro XXL, toujours en cours. Que diable! Tant qu'on est en vie, l'activité physique est chaudement recommandée par les temps qui courent, même si pas à la bonne adresse...

Les redevances auraient pu concerner cette activité, mais l’adresse figurant sur l’avertissement- extrait de rôle (en annexe) est : « XXL », qui ne correspond pas à l’adresse de l’activité-personne physique de Madame Anne Marie Berthe Ida, exercée à XXL-Bis. Il n'y a de pire sourd que celui qui ne veut entendre: l'activité physique de la supposée Anne Marie Berthe Ida, celle à qui vous adressez ce courrier, se déroulait sur la période concernée à 900 kilomètres de l'adresse relevée sur l'avertissement!

Notre réponse fut claire, limpide et brève:

"Chère Madame, cher Monsieur, nous ne vivons plus en Belgique depuis juillet 2010, les taxes concernant les années 2013 et 2014 sont nécessairement imputables à une autre personne. Nous n'avons par ailleurs jamais habité à l'adresse concernée par la taxe."

La réponse fut elle aussi brève et explicite:

"Il vous incombe par conséquent d'introduire une réclamation au service sus-mentionné. N'oubliez pas d'indiquer le n° du dossier".

Texte et photo: Anna Blum

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