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Le Gulabigang

  • annelauwersblum
  • 23 avr.
  • 3 min de lecture

Point G des femmes indiennes qui s'engagent

Ou le nectar de la force morale




« Maman, tu seras contente ! Ta petite-fille a décidé de faire un exposé sur le Gulabigang ! » Le texto d’une de mes filles m’intrigue. Gulabigang ? Jamais entendu parler ! Je fais ni une, ni deux, et tape le nom sur internet. Immédiatement le rose me saute à la figure. Un rose fluo profond, magnifique. Un nom aussi revient avec insistance : Sampat Pal Devi. Une femme qui n’a pas froid aux yeux. Une femme à la force morale exceptionnelle. Je suis conquise. Chère grande petite-fille, qui dévore des livres depuis qu’elle peut composer des mots ! Aujourd’hui, âgée de quatorze ans (bientôt quinze), elle se fraye un chemin dans la jungle des injustices, et se mobilise. Dans ce grand pays où viols, meurtres, castes, patriarcat et corruption sont les ingrédients d’un système qui broie les plus démunis, les femmes du Gulabigang passent à l’action. Grâce à Sampat Pal Devi, des milliers de femmes se sont levées pour dire NON. Enveloppées dans leurs saris roses, armées de bâtons pour se défendre, elles parlent, débattent, argumentent, apprennent des notions de politique, de droit, votent, se présentent aux élections et gagnent ! Gulabi veut dire Fleur, m’a dit un ami. Des bouquets de fleurs sauvages en veux-tu en voilà, qui fleurissent partout où d’habitude on les piétine, les arrache, les arrose d’ herbicides. Au fur et à mesure de ma lecture, mon coeur déborde de gratitude. Gratitude pour le courage formidable de ces centaines de milliers de femmes qui se sont levées pour dire « Ça suffit » ! Malgré la peur, la complexité du monde derrière laquelle si souvent on se retranche, la tradition qui parfois enchaîne… Gratitude pour ma grande petite-fille, dont je suis fière d’emboîter le pas !

texte: AB

photo: web

"La maison est ouverte", merveilleux poème de Richard Desjardins, reproduit sous la vidéo!



Prends le sentier

derrière les jalousies des villageois

Le vent d’une seule main

y secoue la forêt

À la montagne, mets des ailes

Au mur, pense à elle

Le diable fera claquer ses doigts

et quand tu entendras le hurlement

du loup tranchant la gorge du chien

tu verras alors les étoiles précises

des feux sur l’autre rive.

La lune arrêtera sa course.

C’est le signal, Traverse!

La voie est libre comme toi

Je t’envoie l’escorte de vierges

Le mot de passe :

" Né pour aimer "


Ils versent un pauvre miel

sur leurs mots pourris

Ils te parlent de pénurie,

et sur ta faim, sur tes amis

ils aiguisent leur appétit

Leur haleine brûle l’air

comme la chaux

sur le pain.


La beauté que tu oses

ils la saluent encore

d’un grognement de porc

fouillant dans l’auge

Ils ont raison

comme des cadavres

et la vie les a coulés

Ils ont tout

mais ne sont

que le ciment dual


Toi qui marches sur les tessons

du concret

viens boire cette bouteille

pleine de clarté

coulant comme un secret

sur les lèvres des amants

Sous l’aile duale

C’est le moment


Ce que tu trouves

tu le gardes pour toi

" Ce qui n’est pas donné est perdu "

N’entends-tu pas battre ton cœur

dans le sourd tambour de la terre?


Nous sommes les bêtes noires de l’ennui

C’est toi mon pain béni

Nous sommes la prairie

le feu, le vent

Et nous sommes vivants


Il est temps d’apaiser

cette fleur de la peur

qu’on appelle le monde

Nous sommes cueilleurs

le fruit est la Loi

C’est nous le roi

et tout est là

Le reste meurt ailleurs

au fond de voûtes carsidérales


Un chant millénaire monte dans l’air

La lampe, le lit, la nuit t’attendent

Viens voir jusqu’où

le ciel peut couler

quand la terre est une offrande

Et sur la nappe de toile

tendue comme une voile

un navire de paix


La maison est ouverte

Les femmes-corsaires

ont mis le feu

aux galères de la nuit

l’armateur aux enfers

le capitaine aux fers

j’éteins le phare,

la fanfare dort.

On peut parler


Richard Desjardins

 
 
 

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