La tendresse
- annelauwersblum
- 23 nov. 2021
- 1 min de lecture
Dernière mise à jour : 20 janv. 2022
La soupe de guenmai.

Hou-Chi trouve ce qu’il ne cherche pas : six bols d’un blanc immaculé, dont la forme ressemble à un œil grand ouvert sur le monde. De toutes petites taches en forme de nuages sont éparpillées d’une façon aléatoire dans la porcelaine. Elles ont la couleur du ciel. D’infimes morceaux de ciel, tombés dans la neige.
Arrivé chez lui, il se met tout de suite à l’ouvrage. Il verse le reste de la bouteille d’huile dans la vieille casserole en fonte, la pose sur le feu et y ajoute une poignée de riz rond. Il remue les grains avec une cuillère en bois, jusqu’à ce qu'ils deviennent translucides. Ensuite, il verse une cruche d’eau, ajoute deux feuilles de laurier et deux branches de thym serpolet. Il coupe trois belles carottes en fines rondelles et deux poireaux, dont il prend soin d’enlever les parties filandreuses. Il laisse le tout cuire sur le feu et ajoute encore de l’eau, afin que les légumes soient entièrement recouverts.
Le vieil homme est soucieux. Bao, sa petite-fille, est malade. Oh, rien de très grave ! Une toux sèche. Un peu de fièvre, qui la contraint de rester au lit. Elle ne mange presque plus rien depuis trois jours.
Les bols ont rappelé à Hou-Chi la guenmai. La soupe de l’éveil et de l’illumination intérieure. Avec l’aide des cinq éléments, sa petite-fille sera bien vite sur pied ! Il a hâte de la voir jouer à nouveau dans l’impasse, près de la maison. Là où les aigus de sa voix se confondent avec le bruit de la fontaine et le pépiement des moineaux.
AB
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